jeudi 25 juin 2009

Les arènes de Saint-Perdon détruites par les flammes

Article Sud Ouest:


Le bâtiment s'est embrasé en quelques minutes. Il n'en reste plus rien aujourd'hui. (photo dr)


En quelques minutes, hier, Saint-Perdon a perdu son symbole, sa fierté : ses arènes en bois édifiées par les habitants de la commune en 1953, baptisées André-Ducourneau. 

Peu avant 15 heures, des riverains donnent l'alerte. « J'ai vu des fumées s'échapper du fond de l'édifice », témoigne Christiane, la première à avoir téléphoné aux pompiers qui ne tardent pas à crouler sous les appels. « Tout à coup, le champignon est devenu énorme », poursuit la voisine de l'édifice. Il est visible à plusieurs kilomètres à la ronde. 

À leur arrivée, une dizaine de minutes plus tard, les soldats du feu découvrent un bâtiment « totalement embrasé dont la structure est déjà effondrée », rapporte le capitaine Journé, commandant des opérations de secours. Situées en pleine agglomération, les arènes en flammes menacent les maisons alentours. Priorité est donnée à leur protection. D'importants moyens s'attellent à cette tâche : une vingtaine d'hommes des casernes de Saint-Sever, Saint-Justin et Mont-de-Marsan, équipés de camions citernes à grande capacité dont les canons envoient jusqu'à 500 litres d'eau par minute. Leurs efforts sont payés de succès. à 15 h 45 le feu est maîtrisé et ne s'est propagé à aucune habitation. 

Mais la désolation s'affiche : les arènes de Saint-Perdon ne sont plus qu'un tas de cendres fumant. Seuls vestiges encore debout, les murs de soutènement en béton.

« Un cauchemar »

« C'est terrible ce qui nous arrive », lâche, des larmes dans les yeux, Jean-Louis Maroix, le premier adjoint au maire Pol Rio, qui ne se trouvait pas sur la commune au moment du sinistre. « C'est un pan de notre histoire qui s'effondre », ajoute l'élu, aussi éprouvé que le reste de l'assistance.

Dans la petite foule, les visages sont marqués. Certains pleurent, d'autres croient à un mauvais rêve. « On a déjà pas mal morflé avec la tempête. Et maintenant le feu nous emporte nos arènes. 2009 est un cauchemar ! », lance un habitant. Le 24 janvier dernier, la forêt communale a en effet été ravagée par le passage de Klaus, grevant le budget du village de ressources non négligeables. 

« Pourrons-nous reconstruire des arènes ? Je ne sais pas », se lamente Jean-Louis Maroix. Dès hier, le préfet des Landes a assuré du soutien financier de l'État le maire de Saint-Perdon. Un Conseil municipal extraordinaire était organisé dans la soirée.

Un expert en incendie

Aujourd'hui, un expert en incendie mandaté par le parquet de Mont-de-Marsan doit se rendre sur place afin de déterminer les causes du sinistre.

Présents sur les lieux dès l'alerte, les gendarmes de la communauté de brigade de Saint-Sever et de la cellule d'investigation criminelle de Mont-de-Marsan ont recueilli les premiers témoignages. La plupart concorde et déclare que le feu serait parti du fond des arènes. Ce que semble corroborer la trajectoire suivie par l'incendie, poussé par des vents d'ouest. « Or, à cet endroit-là, il n'y a aucune installation électrique », souligne le premier adjoint au maire, qui s'interroge.

Hier après-midi, les enquêteurs n'ont pu procéder à des analyses approfondies du terrain tant les ruines étaient encore brûlantes. Leur travail d'investigation débutera réellement ce matin. Aucune hypothèse n'est exclue.


1953 : les St-Perdonnais bâtissaient leur fierté 

Les arènes André-Ducourneau étaient sur le point d'être classées monument historique. (photo archives jean-louis duzert)


Forcément, les 1 300 Saint-Perdonnais aimaient leurs arènes André-Ducourneau qui pouvaient accueillir jusqu'à 2 000 spectateurs. Et pour cause : leurs anciens avaient construit cet édifice. Une histoire qui débute en 1953 et dans laquelle se lance alors tout le village, des simples ouvriers jusqu'au propriétaires forestiers. « C'est eux qui ont fourni gratuitement le pin maritime avec lequel a été bâti l'édifice », raconte Jean-Louis Marois. L'élan traverse les années. Jusqu'à hier, les habitants de Saint-Perdon assuraient eux-mêmes l'entretien du bâtiment. 

Lequel a vu plusieurs célébrités fouler son sol lors des spectacles taurins de novillos organisés tous les ans, fin août, pour les fêtes. José Tomas, Morante de La Puebla, Antonio Ferrera, Juan Bautista et beaucoup d'autres sont passés par là. 


Auteur : elisa artigue-cazcarra.

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