lundi 26 avril 2010

Nadau a l'Olympia - débrief -



Article Sud Ouest:


L'Olympia paloise en fusion samedi avec Nadau


"De l'aveu même de Joan, chanteur emblématique deNadau, la troisième représentation de son groupe à l'Olympia, samedi soir, a dépassé les deux premières en intensité : « Je n'avais jamais entendu un retour de salle comme cela. Les gens avaient appris nos textes, ils n'ont pas cessé de chanter. »

Un sentiment fusionnel, partagé par les 2 500 amoureux de l'Occitanie, réunis dans la mythique enceinte parisienne. « C'était un grand moment de communion, résume Christian, un Palois de 45 ans. Toute la mosaïque du Grand Sud était représentée ». « Des instants vraiment magiques, renchérit Céline, 20 ans. On a vécu dans une ambiance du Sud-Ouest tout le week-end. »

Après le concert, la fête s'est poursuivie aux Halles Carpentier, jusqu'au petit matin. Les fans qui avaient fait le déplacement en train, se sont ensuite dirigés vers la gare, des images plein la tête, pour regagner leur foyer.

Au final, Nadau a donc une nouvelle fois réussi son pari, dissipant l'impression d'un manque de considération de la part les dirigeants de l'Olympia, propagée par l'absence du groupe sur le site Internet de la salle : « Nous avons vendu les billets par nos propres moyens et c'était complet en trois semaines, justifiait Joan. Voilà pourquoi, en accord avec la direction, nous n'avions pas souhaité figurer sur le site de l'Olympia»."



Article République des Pyrénées


Le groupe Nadau a mis le feu à l'Olympia


L'Occitanie accrochée à ses semelles, le groupe Nadau a, samedi à Paris, bouclé dans la ferveur populaire le troisième Olympia de sa carrière, devant 2300 spectateurs.

Autour de Nadau, la machine est bien rodée pour cette troisième retentissante prestation parisienne après celles de 2000 et 2005. Acheminés par train, bus (à l'exemple des collégiens de Bidache), avion ou voiture, les fervents font le siège depuis longtemps quand surgit, tous décibels lâchés, la bande landaise de Mugron devant l'Olympia de légende attaché à la mémoire de Bruno Coquatrix.

Cuivres et percussions allument l'ambiance avec des morceaux très « culture du sud » que les Parisiens médusés reçoivent comme autant de messages de fête et de bonne humeur. Dans la ville-lumière habillée de printemps, le dialogue tourne court. Difficile d'expliquer tout à trac l'Occitanie, la Gascogne et le Béarn.

Un voyage de deux heures

A l'intérieur de la salle chauffée à blanc par Los Escapateros composés d'une soixantaine de Landais et un seul Béarnais, le saxophoniste Jacques Canet, ceux qui ont fait le déplacement n'ont guère besoin de vade-mecum. Tous horizons et générations mêlés _avec un important contingent de jeunes _, ils vibrent autour d'un répertoire nourri de valeurs simples, d'une indéniable humanité, qui n'ont rien de platitudes et circonscrivent un chemin de vie.

Les artistes entrent en scène sur « Aqueras montanhas », frémissant hymne pyrénéen entonné par 2 300 spectateurs transportés tandis qu'une poignée de Corses, Basques, Bretons et Aranais a choisi d'embarquer pour un voyage de plus de deux heures aux pays des racines communes. On commence avec « Chut, chut, chut », prélude à un chapelet d'éminents classiques parfois revisités, plus quelques nouveautés et des mélodies à l'unisson avec les choristes de Ger, Séméac et des vallées d'Aspe et Ossau.

Ça chaloupe, ça déclenche un entrain communicatif et de troublantes séquences-émotion qui culminent avec l'Immortelà, autre chant de ralliement ovationné debout, la gorge nouée. L'engouement, la liesse collective, les refrains allègrement repris : les vigiles musclés de la salle emblématique du boulevard des Capucines, habitués à des numéros plus convenus, n'en croient pas leurs yeux. Nadau, c'est d'abord la voix des terroirs de Joan, son charisme, les compositions poétiques, tendres et humoristiques, le verbe troussé en musique, l'héritage langagier des aînés, une identité célébrée dans l'ouverture aux autres et la modernité.

« Sur un nuage »

La magie Nadau tient aussi à la cohésion d'une équipe de musiciens, techniciens, forces vives et surtout à un public constant, tenace, joyeux, épicurien. Le concert terminé, la banda de Mugron reprend du service pour une ultime sérénade sur le trottoir. Pour des centaines de festayres, les réjouissances se prolongeront à la Grande halle Carpentier (13e arrondissement). Exténué, presque hilare, Joan mesure l'ardeur populaire à l'aune d'innombrables chaleureux témoignages. « J'ai vécu le concert sur un nuage. Une salle comme ça, c'est un vrai bonheur. Les gens ne sont pas seulement venus battre des mains mais communier en sachant les paroles. Je crois qu'ils ont été heureux », suppose le capitaine du vaisseau Nadau. l Renée Mourgues

Trois trains d'admirateurs ont rallié la capitale

Quelque 1 400 personnes ont emprunté les trois TGV affrétés, samedi, pour le concert de Nadau. Sept heures d'un voyage épique.

Dans la matinée, deux trains ont quitté la capitale béarnaise et un troisième Montréjeau (Haute-Garonne) à destination de Paris. En gare de Pau, le cuisinier David Ducassou propose aux passagers une garbure odorante au fumet alléchant.

Le convoi n'est pas ébranlé que, déjà, les chanteurs amateurs s'attaquent aux titres du répertoire de Nadau qu'ils sont censés avoir répété pour le concert. Foulards rouge et or autour du cou, pavoisant à l'effigie de Nadau, il y a les expérimentés qui veulent revivre les frissons des précédents Olympia et des néophytes en quête d'initiation.

À Orthez, une centaine de personnes grimpe à bord du train. À Dax, ils seront tout aussi nombreux. Dans la voiture-bar animée par les gais musiciens de la banda de Mugron, les bénévoles des Calandretas assurent l'intendance. Ils ont embarqué 300 bouteilles de jurançon et 240 de madiran, 300 litres de bière, 10 jambons, 12 fromages de pays et 500 baguettes de pain gracieusement offertes par Daniel Hameau, boulanger à Lescar. Ça manque tragiquement de café mais pas d'ambiance. À l'heure du déjeuner, dans les compartiments, on déballe le foie gras, la charcutaille, les chichons et autres spécialités du pays.

« C'est quelle équipe ? »

Tout à l'heure, la sieste sera de courte durée avant l'arrivée à Paris-Monparnasse, vers 16 h, sous le regard incrédule des citadins. La banda joue « La peña baiona ». Un quidam s'enquiert : « C'est quelle équipe ? » On lui parle de Nadau, de l'Olympia. « Comme les Corses, alors ? », suppute-t-il. « Oui, sauf qu'ils sont Béarnais », lui répond-on. « Mais poursquoi ont-ils des bérets basques ? », s'étonne-t-il. Peine perdue. On a trop à faire pour lui expliquer l'Occitanie, la Gascogne et le Béarn.




Aucun commentaire: