mercredi 12 mai 2010

La Gaskonia vista per l'Express / La Gascogne vue par l'Express





Par Michel Feltin


Le pays


Là-haut sur ma montagne

Ce n'est pas une réponse, c'est un cri du coeur. «Gascon, moi ? Pas du tout. Je suis ossalois ! » Julien Peyre-Lavigne n'a que 25 ans, mais il est berger et répond sur un ton qui ne souffre pas la contestation. Sur une carte, pourtant, la vallée d'Ossau se situe bien en Béarn, et le Béarn en Gascogne, non? Sur une carte, oui. Dans sa cabane de Socques, à 1300 mètres d'altitude, non. Car ce raisonnement parisien irréfutable passe à côté de l'essentiel. Ici, on est en montagne et la montagne forge des tempéraments forts. Cela vaut mieux, d'ailleurs. Car la vallée est pentue et étroite, donc difficile à travailler. Quant au métier de berger, si son prestige est grand, c'est que ses difficultés sont redoutables. « L'été, quand il fait beau, le touriste pense que c'est facile, sourit Julien. Mais quand il pleut plusieurs jours, quand la brume persiste, quand une brebis se blesse, quand il faut se lever tôt pour la traite, c'est très différent. C'est là que l'on sait si on est fait ou non pour cette vie. » Julien, lui, ne se pose plus de question. Voilà dix ans, déjà, qu'il passe l'été en estive.

Etonnez-vous que dans un tel cadre, avec le parc national pour décor et l'ours pour voisin, Julien se sente ossalois au plus profond de lui-même. Comme ses voisins de cabane, Roger Laborde et Alfred Carrère. Depuis le Moyen Age, au moins, les habitants de cette vallée gèrent en toute autonomie leurs propres affaires. Ils se sont toujours vécus comme différents. Les décrire comme béarnais, déjà, leur semble une dilution de leur identité. Alors, gascons...

le plus de force, notamment lors des fêtes de village, lorsque s'élèvent les chants traditionnels. Comme dans le reste du domaine gascon, on y retrouve le même humour, le même goût du récit et la même roublardise, sans doute parce que le Gers et les Landes constituent depuis toujours leur débouché naturel. Au fond, les Ossalois sont au Béarn ce que le Béarn est à la Gascogne : un particularisme. Et c'est tant mieux.


Le miracle armagnac

Le Gascon ne mange pas : il festoie, il ripaille, il communie, il chante une ode à la table et à ses plaisirs. Sa cuisine richissime, que les diététiciens les mieux attentionnés rêveraient de brûler en place publique, ne lui réussit pas trop mal. En Gironde, dans les Pyrénées-Atlantiques, en Haute-Garonne, l'espérance de vie atteint des sommets. C'est le « paradoxe gascon ». Et une excellente nouvelle pour l'humanité.

Les confits, magrets et foies gras n'ont pas usurpé leur réputation mondiale. Mais ils ne sont que les porte-drapeaux d'une farandole gastronomique qui va de la garbure au boeuf gras de Bazas, du fromage d'Ossau à la tourtière, le tout arrosé (copieusement) de jurançon, de madiran ou de grands bordeaux. Avant de terminer, bien sûr, par une rasade d'armagnac.

Prenez Philippe de Bouglon. Dans son chai séculaire... de la bien nommée Labastide-d'Armagnac reposent quelques dizaines de fûts du précieux breuvage. Avec la sagesse de ceux qui ont appris à distinguer l'essentiel de l'accessoire, il semble les regarder vieillir. C'est ici que lentement, très lentement, s'élabore l'eau-de-vie miraculeuse.

Son château XVIIIe - dans la famille depuis huit générations - ses meubles d'époque et son titre de baron ont de quoi impressionner le visiteur. Apparences trompeuses. « Ce château me ruine et l'armagnac ne rapporte guère : nous sommes trop divisés pour concurrencer efficacement le cognac. » Seulement voilà : chez lui, l'amour du lieu et de la vigne a tout emporté. « Avec l'âge, j'ai compris que ce n'était pas moi qui possédais cette propriété, mais l'inverse, résume- t-il. Ma seule mission consiste à la transmettre. » Aussi, depuis quatre ans, les Bouglon se sont-ils résolus à transformer leur demeure en chambres (et tables) d'hôte pour boucler les fins de mois. Quitte à jouer avec sa santé, Philippe fait tourner l'exploitation tandis que Madame assure la cuisine et le ménage. Tous deux ont dans le regard cette étincelle que détiennent seuls ceux qui ont fait le bon choix : la production, dans un lieu extraordinaire, d'une eau-de-vie qui ne l'est pas moins.


Un océan de promesses

Si vous cherchez un authentique Gascon, en voici un. Par le pedigree, sans doute, mais surtout par l'esprit. Chez cet homme, une phrase sur deux est empreinte d'humour. Théâtral, il surjoue ses réponses, multiplie les fausses pistes. Un Gascon, vous dis-je.

Jean-Pierre Dufau est député maire (PS) de Capbreton, dans les Landes. Il incarne la Gascogne littorale, souvent négligée. Car les côtes, on l'oublie depuis que l'époque a jeté son dévolu sur le tourisme, ont longtemps été faiblement peuplées. Pourquoi la région compte-t-elle si peu de ports ? « C'est que les Gascons préfèrent la qualité à la quantité », commence par expliquer Dufau - une gasconnade, évidemment. La réalité est plus prosaïque : ici, le littoral est particulièrement soumis à l'ensablement.

Isolée face à l'océan, ville de pêcheurs dans une région de campagne et de montagne, Capbreton n'en est pas moins viscéralement gasconne. « Nous partageons la même façon d'être : le goût de la facétie et de la bravade, un mélange de spontanéité et de distance. Nous réagissons à vif, mais ne vous méprenez pas : ce n'est pas parce qu'on se met en colère que l'on est en colère. Il y a chez nous un goût évident pour la comédie, la repartie et la mise en scène. »

Les promesses de Gascon, il les revendique donc. Haut et fort. « Quand on est vraiment généreux, on éprouve plus de plaisir à donner qu'à recevoir, n'est-ce pas ? Alors pourquoi voudriez-vous que je prive un interlocuteur d'une promesse qui lui fera plaisir ? Allons ! Après tout, si elle n'est pas tenue le jour même, rien ne dit qu'elle ne le sera pas le lendemain. Nous avons simplement le sens de l'anticipation. »

Malgré leur déclin, les pêcheurs continuent d'incarner l'identité de Capbreton. Mais pourront-ils encore longtemps imprimer leur marque, alors que les « estrangès » ne cessent de s'installer? « Je ne suis pas inquiet, tempère Jean-Pierre Dufau. Nous sensibilisons les nouveaux habitants à notre culture. Et ils deviennent très vite capbretonais. »



La culture


Chasse, rite et tradition

Un conseil : à l'automne, ne prévoyez pas de rendez-vous d'affaires en Gascogne. Du 15 octobre au 20 novembre, le Gascon est en vacances ou alors en congé maladie (chut !). Car l'automne est la saison de la chasse, et de la reine des chasses : la chasse à la palombe.

C'est d'un rite, d'une culture, d'une passion qu'il s'agit. Ces jours-là, chacun rêve que passe l'oiseau bleu, qu'il se laisse prendre aux ruses que l'homme a précautionneusement préparées pour lui, ses appeaux, ses appelants, ses malones, ses roucoulements. Mais quand le volatile n'apparaît pas ou quand les stratagèmes du chasseur sont inopérants, ce qui arrive souvent ? Qu'à cela ne tienne, on échange, on discute, on cuisine, on mange, on boit, bref, on partage - entre hommes, le plus souvent.

Ce contact avec la nature, cette convivialité, cette fraternité, Jean-Roland Barrère n'y renoncerait pour rien au monde. Il l'a apprise dès la prime jeunesse, à Lagrande, un petit village perdu du bas Armagnac, dans les Landes. « Pour les enfants des années 1950, à la campagne, c'était le seul loisir, ou presque. Dès l'âge de 4 ou 5 ans, j'accompagnais mon père et mon grand-père. Ils m'apprenaient à connaître les oiseaux, à imiter leurs chants, à me fondre dans la forêt, à couper les feuillages. C'était merveilleux. »

Aujourd'hui président de la Fédération des chasseurs des Landes, il est à la tête d'effectifs considérables : 27 000 personnes dans le département, soit 1 habitant sur... 12. 1 sur 4, même, dans certaines communes. Non, décidément : à l'automne, ne prévoyez pas de rendez-vous d'affaires en Gascogne.


La langue d'ici

C'est une langue où les « r » roulent comme des torrents de montagne et dont les « h » sont aussi sonores que des bandas. Une langue écrite depuis le Moyen Age. Un idiome qui fut langue administrative à Bordeaux, à Auch, et même langue d'Etat du temps de l'indépendance du Béarn (d'où l'appellation « béarnais », qui lui est souvent donnée). Une langue qui eut et qui compte encore nombre de poètes et de romanciers.

Le gascon se distingue des autres parlers d'oc. « Il se différencie autant du languedocien que le catalan, si ce n'est plus », souligne Jean Lafitte, l'un des meilleurs spécialistes de la question. Mais l'heure est grave : longtemps combattu au nom de l'unité nationale, il ne se transmet quasiment plus dans les familles.

Si l'espoir subsiste, cependant, c'est qu'il est en voie de réhabilitation. Il a désormais ses érudits, ses enseignants, ses artistes et ses associations, comme l'Institut béarnais et gascon. Les politiques, eux aussi, s'y mettent. Financement de cours, panneaux routiers, crèches bilingues... Les hussards noirs de la IIIe République doivent se retourner dans leur tombe.


Béret bas !

Cela fait partie des (petites) injustices de l'Histoire : le béret basque n'est pas basque. Seulement voilà : béarnais à l'origine - donc gascon - le couvre-chef eut tant de succès que toutes les régions voisines l'adoptèrent. Résultat : lorsque les Basques, affublés de ce galurin singulier, émigrèrent en Amérique, la confusion s'installa. Dans le Nouveau Monde, « le béret porté par les Basques » devint « le béret des Basques », puis le « béret basque », tout court. Il n'en reste pas moins, dans les campagnes et auprès des plus âgés, un emblème, une identité, un signe d'appartenance. Et l'un des symboles de la France dans le monde.


Rugby : le code et la conduite

Avec la mairie, l'église et le terrain de rugby, les villages de Gascogne célèbrent une sainte trinité bien particulière. Partout, aussi fières que les habitants du cru, se dressent les perches blanches entre lesquelles les enfants du pays s'initient tout à la fois aux règles du jeu et à celles de la vie.

D'où vient cette alchimie singulière entre le ballon ovale et le Sud-Ouest ? D'érudits spécialistes y ont détecté un lien avec la faible influence de l'Eglise (les patronages avaient jeté leur dévolu sur le foot et le basket). D'autres, trop pressés, ont prétendu y déceler une imprégnation britannique. Au risque de l'anachronisme : les Anglais ont tout de même quitté l'Aquitaine quatre siècles avant l'invention de ce sport...

Depuis son appartement de Dax, Pierre Albaladejo, l'une des légendes du ballon ovale et l'un des plus sourcilleux gardiens de son esprit, avance des explications autrement plus fines. « Il existe, note-t-il, des convergences profondes entre le tempérament gascon et les vertus de ce jeu. Notre sens de la solidarité, bien sûr, l'idée qu'une bonne équipe a besoin de petits et de grands, de forts et de rapides. Notre fierté, aussi, qui nous pousse à aller au-delà de nos capacités - certains de mes coéquipiers ont terminé des matchs malgré une clavicule cassée. Sans oublier notre goût de la fête : car la troisième mi-temps, ce n'est pas une plaisanterie, c'est un art qui s'enseigne et qui se maîtrise. »

Le passage à la professionnalisation menace pourtant de rompre cette relation privilégiée. La starisation, l'argent, l'évolution de la tactique même, qui privilégie le rentre-dedans à l'esquive, au cadrage-débordement, à la passe croisée. « Autant de grandes spécialités gasconnes, grâce à notre pratique de la course landaise », note « Bala ». Avec une pointe de nostalgie.


Course landaise : le grand ballet

C'est une déraison venue d'Espagne. A celui qui n'aurait pas compris que les Gascons étaient cousins des Ibères, on ne saurait trop conseiller d'assister, pour commencer, à une course landaise. Mais, attention, une course « formelle ». En clair, ni Intervilles, ni piscines, ni ballons, mais le grand ballet des sauts et des écarts. Ici, nulle mise à mort, contrairement aux corridas, mais un face-à-face avec un bovidé atrabilaire. Et ne croyez pas qu'il s'agisse seulement d'échapper aux cornes de l'animal surexcité : il faut de surcroît y parvenir avec élégance.



Les gens


L'esprit et l'éloquence

Le plus gascon des héros, tout le monde vous le dira, c'est Cyrano de Bergerac. Bergerac n'est pas en Gascogne ? C'est sûr. Mais peu importe : après tout, le vrai Cyrano était parisien. Et, surtout, « l'esprit, l'éloquence, le panache, le goût de la querelle, l'humour, tout chez lui rappelle notre région », résume Françoise Laborde, qui préside l'association Gascons toujours.

Car l'esprit est le plus beau joyau de cette contrée qui ne manque pourtant pas de paysages somptueux. Un esprit fait d'humour, de distance, de rouerie, de faconde, d'excès dans la forme, mais de tolérance sur le fond, d'amour des bons mots, de mauvaise foi quand il le faut, d'éclats de rire dès qu'on le peut. Discutez avec un Gascon de météo, de politique, de rugby ou de mouches drosophiles, vous verrez aussitôt son oeil s'allumer et son sens de la repartie se déployer.

« Comme la plupart des clichés les concernant, cette image du Gascon éloquent s'est installée au moment de l'arrivée d'Henri IV à la cour », souligne Georges Courtes, historien et conseiller général de Lectoure, dans le Gers. Le roi lui-même et ses compatriotes détonnaient par leur accent rocailleux, et, surtout, par leur personnalité : dotés d'un esprit subtil sous des dehors un peu frustes, ils étaient fiers à en crever, courageux jusqu'à la déraison, beaux parleurs, mais aussi querelleurs, paillards et menteurs. Autant dire qu'ils arboraient un « caractère » dont les littérateurs, à partir du xviie siècle, feront leurs choux gras. La Fontaine, qui ne les aimait pas, écrira Le Gascon puni. Alexandre Dumas les rendra plus sympathiques avec ses Trois Mousquetaires, tandis qu'Edmond Rostand fera donc de son Cyrano l'incarnation même du Gascon. En bon écrivain, il avait compris qu'avant d'être une géographie, la Gascogne est une philosophie.


De l'art du mentir-vrai

Le Gascon entretient une relation problématique avec la réalité. On n'oserait évidemment pas écrire qu'il ment plus souvent qu'à son tour, mais, enfin, il faut admettre qu'il ne dit pas toujours la vérité. Qu'il sait enjoliver son récit avec talent, avec faconde, presque avec génie.

Cet art de la dissimulation a des racines profondes. « Les cadets de Gascogne étaient des gens pauvres qui ont émigré à Paris pour s'enrichir. Par fierté, ils refusaient d'avouer leur misère et cherchaient à faire croire qu'ils valaient mieux que ce qu'ils étaient réellement », explique l'historienne Véronique Larcade. De là vient sans doute l'expression « promesse de Gascon ».

Une telle duplicité pourrait exaspérer. Et pourtant non. Car le Gascon joue à faire semblant. Il cherche moins à duper qu'à séduire. « Lorsqu'un Gascon "gasconne", lorsqu'il exagère, son interlocuteur ne se trouve jamais en position d'idiot qu'on cherche à berner : il est un partenaire dont on taquine l'intelligence », reprend Véronique Larcarde. « Il a l'art du dédoublement, confirme Christian Millau. Il croit à sa mystification et, en même temps, il sait qu'il est en train de mentir. C'est très subtil. » Le mensonge élevé au rang des beaux-arts... Un concours « international » lui est même consacré chaque année. Transformer ses défauts en occasion de faire la fête est aussi un talent gascon.


Totale fierté

La fierté, c'est la noblesse du petit peuple. Si le plus humble des Gascons est fier à en crever, c'est que l'intéressé a quelques repères immémoriaux : la qualité de ses productions agricoles, le sens du travail et la certitude d'appartenir à une communauté à forte identité.

Pour comprendre ce sentiment, il faut encore revenir à la période où Henri IV est « descendu » à Paris (les Pyrénées sont plus hautes !). « La noblesse des gentilshommes gascons était régulièrement mise en doute parce qu'ils combattaient à pied et non à cheval, explique Véronique Larcade. D'où une surenchère dans la bravoure et le comportement chevaleresque, mais aussi une sensibilité sourcilleuse au sujet de leur honneur. J'y vois l'une des causes de leur propension au duel. »

S'il est fier, le Gascon n'est pas vaniteux. Ce n'est pas dans l'Armagnac ou le Couserans qu'on aperçoit des Ferrari rouges conduites par des machos aux lunettes noires et aux cheveux gominés. S'il a le sens de l'honneur, il cultive aussi le goût de la simplicité.

Jean Lassalle, le député « bayrouiste » qui, pour défendre les emplois de sa vallée, chanta en gascon à l'Assemblée nationale et y mena une grève de la faim, représente bien cette fierté exacerbée, comme les sentiments qu'elle inspire. Le Gascon n'a pas toujours raison, loin de là, mais il impose le respect.


Opportuniste, mais indépendant

Le Gascon n'est pas homme de certitudes. Sans scrupules excessifs, il a toujours su, au cours de l'Histoire, changer de cheval au bon moment. Une décennie avec les Anglais, une décennie avec les Français pendant la guerre de Cent Ans. Une année protestant, une année catholique au moment des guerres de Religion. Un jour collaborateur, le lendemain résistant lors de la Seconde Guerre mondiale...

Ce n'est pas glorieux ? Non. Mais c'est une philosophie. La modération comme idéal, l'opportunisme comme moyen, la conviction qu'il n'est pas de désaccords suffisamment graves qui ne puissent se surmonter autour d'une bonne table. Telle est, au fond, sa réponse aux grandes questions sur le sens de la vie. Et alors ? « La meilleure définition de l'intelligence, c'est la capacité d'adaptation à une situation donnée », glisse dans un sourire François Fortassin.

Car seuls les naïfs s'y tromperont. Si le Gascon semble changer d'alliés aussi souvent que de maîtresses, c'est qu'il a trouvé là le meilleur moyen de sauvegarder sa liberté. Sa valeur suprême.


«Rad-soc» dans l'âme

C'est un fait : le Gascon n'est pas très catho. Voilà beau temps qu'il regarde avec distance l'Eglise, ses pontifes et ses de profundis. « Il faut se méfier du devant d'une femme, du derrière d'un âne et d'un curé de tous côtés », professe un proverbe local.

Malgré la fougue de Jeanne d'Albret, mère d'Henri IV, le calvinisme ne s'est pas plus enraciné sur ces terres. Trop rigide, à sa manière, pour ce pays de compromis. Son fils, qui passa d'une confession à l'autre au gré de ses intérêts, eut d'ailleurs tôt fait de renouer avec le tempérament gascon traditionnel.

« En politique comme en religion, il existe ici une méfiance viscérale à l'égard de l'endoctrinement. D'où le succès des idées radicales, qui exaltent l'indépendance d'esprit, et la faiblesse des partis extrémistes », analyse le très madré sénateur radical de gauche des Hautes-Pyrénées, François Fortassin. D'où, aussi, les faibles taux de pratique dominicale observés entre Garonne et Pyrénées.




2 commentaires:

Tederic a dit…

Le point positif, c'est que la Gascogne n'est pas estropiée, pas réduite au Gers :
le journaliste y met le Béarn, la côte atlantique, mentionne même Bordeaux !

Pour la description mentale du gascon, on est dans les clichés, plutôt sympathiques certes, mais au fond, je n'y crois pas.

L'esprit "rad-soc" (compromis, modération) ? le résultat n'est pas très brillant, non ?
Un peu plus de "nhac" collectif ne gacherait pas la fête !

Biniami a dit…

Moi je trouve ces clichés assez véridiques. Mais il ne faut oublier que ces clichés ont étés construits à Paris aux cours des siècles, et qu'ils définissaient également un personnage de théâtre.
Ce qui n'est pas pour me déplaire. Car au moins, même si caricaturé, on parle de nous, et on existe.